Discussion du 2 mai: tableau numérique, appareils mobiles et droits d’auteur

par Benoit Petit (@petitbenoit)

L’arrivée massive des tableaux numériques interactifs (TNI) aussi appelés TBI et des tablettes tactiles pose de nouveaux défis quant au respect du droit d’auteur en salle de classe. Ces appareils permettent de manipuler du contenu, autrefois imprimé sur du papier ou enregistré sur cassette, à l’aide des technologies numériques. Au Québec, certaines ententes permettent la reproduction partielle (10 %) de copie papier d’une grande majorité des productions écrites.

Le contenu numérique fait l’objet de licence privée, mais n’est que très peu encadré par la Loi. À cet effet, on peut consulter le « Guide des droits sur Internet » publié par l’Université de Montréal. Toutefois, il demeure de grands aspects encore flous. Les lois concernant le droit d’auteur sont toujours en vigueur bien sûr, mais les contextes sont de plus en plus variés. Les concepts qui définissent ces droits sont eux-mêmes remis en question par la réalité.

Prenons quelques exemples pour mieux illustrer ce conflit de paradigme :

  1. Il existe des centaines de milliers d’applications pour appareils mobiles, dont de nombreux livres interactifs. Un élève qui aurait à sa disposition l’un de ces livres et voudrait le présenter à ses pairs pour son exposé oral à l’aide d’un projecteur ou du TNI a-t-il les droits pour effectuer une telle présentation publique?
  2. Un autre élève utilise une application sur son appareil mobile et veut démontrer à ses pairs les astuces qu’il a découvertes a-t-il lui aussi le droit de le faire?
  3. Un enseignant qui a trouvé une ressource extraordinaire, mais seulement disponible au format papier, peut-il le numériser, le présenter à ses élèves à l’aide de son TNI et retravailler le texte pour en faire ressortir les caractéristiques?
  4. Une enseignante a trouvé un article d’actualité scientifique en ligne avec des démonstrations par images interactives en 3D, peut-il les présenter à ses élèves?
  5. Un élève a trouvé une séquence vidéo fort pertinente pour son exposé en classe. Le site où il a trouvé celle-ci permet un visionnement individuel seulement. L’élève doit-il demander à chaque élève de visionner cette séquence chacun sur un appareil personnel ou peut-il la présenter au groupe à l’aide du TNI?
  6. Un élève qui construit une carte de concepts au TNI à l’aide d’extraits de romans, de séquences vidéo, d’images trouvées dans Internet, devrait-il obtenir les droits pour chacune de ces ressources afin de réaliser ses apprentissages?

Les exemples peuvent se multiplier presque à l’infini. La première partie de ce #ClavEd sera donc consacrée à illustrer ces situations que vous rencontrez en classe et qui posent problème.

Le 23 avril 2012 avait lieu « La journée mondiale du livre et du droit d’auteur ». Cette semaine vise à valoriser le travail des créateurs et à sensibiliser à l’importance d’assurer un revenu digne à ces personnes. Bien que cette semaine souligne principalement le travail des auteurs, il en est de même pour tout créateur de contenu multimédia. Voilà une valeur qui est bien campée dans le monde occidental en général.

Toutefois, cette valeur entre en conflit avec une autre : celle de l’accès libre au savoir. En effet, de plus en plus nombreux sont celles et ceux qui remettent en cause le concept même du droit d’auteur. Certain soulèvent que celui-ci est en davantage au service des éditeurs que des auteurs. D’autres mettent en évidence que tout travail de création est un assemblage de créations déjà existantes et donc qui ne leur appartient que partiellement, voire pas du tout.

Au plan pédagogique, l’accès libre à des savoirs est essentiel. Pourquoi? Simplement, parce que pour apprendre, il faut construire ses savoirs et pour les construire, il faut les déconstruire, les remodeler et les reconstruire. Autrement dit, l’élève a besoin d’accéder à des ressources libres pour pouvoir en faire ce qu’il veut ou ce dont il a besoin pour se les approprier. Le numérique offre la possibilité de justement manipuler le savoir comme jamais dans l’histoire humaine auparavant. Non seulement il a ce potentiel, mais l’apprenant se doit de s’approprier de manière efficace ces outils technologiques pour bien se préparer au monde dans lequel il entre.

On voir donc poindre le conflit de valeurs entre la rémunération juste des créateurs et l’accès libre au savoir. Cette deuxième partie du #ClavEd sera donc consacrée à chercher ensemble des solutions à ce conflit de valeur. Si auteurs, créateurs et enseignants mettent la main à la pâte, peut-être pourrons-nous trouver des pistes intéressantes permettant à la fois de favoriser l’apprentissage et d’assurer une juste rémunération aux créateurs de ce monde.

Voici donc les deux questions que je propose pour le #Claved spécial TBI, mobiles et droits d’auteur :

  1. Pouvez-vous illustrer des situations où apprentissage et droits d’auteur posent problème?
  2. Quelles seraient des solutions pour favoriser l’apprentissage à l’aide des TIC tout en assurant la juste rétribution des créateurs?

Alors, enseignants, acteurs de l’éducation, auteurs, créateurs, éditeurs, vous êtes toutes et tous conviés à joindre la conversation. Ensemble, cherchons des pistes de solutions!

Rendez-vous: mercredi 2 mai, 12h (EST), 13h (ATL), 18h(EU) et aussi en soirée à 20h (EST), 21h (ATL) et 2h ! (EU)

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One comment

  1. Édouard Morrissette · · Répondre

    J’aimerais poser une autre question: la loi sur le droit d’auteur prévoie des exceptions ( lire « violation ») au copyright lorsque celles-ci constituent un « usage équitable ». La Cour n’arrive pas trancher clairement sur ce que constitue l’usage équitable en contexte éducatif. Pourrions-nous, llors du ClavEd aider à préciser ces balises?

    Voir: http://fr.wikipedia.org/wiki/Utilisation_équitable

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